Afrique du Sud : les attaques d'orques contre les grands requins blancs se multiplient

Depuis quelques années, l'orque, l'un des plus grands prédateurs marins au monde, semble cibler systématiquement les requins blancs, au large de l'Afrique du Sud. C'est la théorie d'Alison Towner, biologiste et spécialiste des grands requins blancs. "Grâce aux nécropsies, on a constaté que les requins n'avaient plus de foie, et qu'ils avaient des traces de morsures d'orques", explique-t-elle. Le problème ? Les requins blancs se situent tout en haut de la chaîne alimentaire. Leur disparition entraîne des bouleversements en cascade : trop d'otaries, menace des pingouins… "En fait, tout l'écosystème est déséquilibré", observe Alison Towner. Dave Hurwitz et Sasha Dines, biologistes marins, sont les premiers à avoir photographié des orques dans la baie très proche des côtes. Ils en revoient depuis régulièrement, et ont aussi été témoins d'attaques. Les scientifiques ne comprennent pas pourquoi les orques ciblent les grands requins blancs avec une telle agressivité. L'absence de requins blancs dans la région a également un impact sur le tourisme, puisque des milliers de visiteurs viennent chaque année afin d'observer les prédateurs au plus près. Aujourd'hui, les plongeurs ne voient plus de requins blancs. Dans la région, l'absence prolongée de grands requins blancs est un événement sans précédent, de mémoire d'habitants.

Des orques tuent un requin blanc en Afrique du Sud

Dans des vidéos filmées en mai 2022, par hélicoptère et par drone, au large du port de Mossel Bay, au sud-ouest de l’Afrique du Sud, cinq orques parviennent à tuer un grand requin blanc et à en mutiler trois autres, après une course-poursuite d’une heure, selon les scientifiques. « Les orques sont des animaux très intelligents et sociaux. Leurs méthodes de chasse en groupe en font des prédateurs incroyablement efficaces », explique Simon Elwen, spécialiste des mammifères marins et coauteur d’une étude publiée la première semaine d’octobre 2022, sur la base de ces images.

Ce requin est capable de marcher hors de l'eau et de rester en apnée pendant deux heures

Le requin-chabot ocellé (Hemiscyllium ocellatum) est certes petit par sa taille (environ un mètre de long), mais il compte parmi les habitants les plus extraordinaires de la grande barrière de corail en Australie. La raison ? Sa capacité à se déplacer sur le fond marin, mais aussi hors de l'eau, en poussant sur ses ailerons en forme de pagaies - ce qui lui vaut le surnom de "requin marcheur". À marée basse, les récifs plats qui constituent l'habitat du requin se retrouvent émergés et isolés. L'espèce s'est adaptée à ces conditions extrêmes, en développant non seulement une capacité à marcher, mais aussi une aptitude à survivre en l'absence totale d'oxygène - ou "anoxie" - et ce, pendant près de deux heures. Une sorte d'apnée, version requin ! Pour la première fois, des chercheurs américains et australiens ont examiné l'étonnant mode de locomotion du requin-chabot ocellé, à différents stades de développement - nouveaux-nés ou juvéniles. Ils se sont intéressés à l'enchaînement précis des mouvements des squales, et ont publié leurs résultats dans la revue Integrative and Comparative Biology (07/2022).


Quel que soit son âge, le requin-chabot ocellé a trois types de locomotion possibles, à savoir : la marche lente, la marche rapide et la nage. En prenant 13 points de repères précis sur le corps des requins, les chercheurs ont déterminé que les paramètres décrivant la locomotion (vitesse de déplacement, rotation des nageoires, flexion du corps, fréquence et amplitude des battements de la queue) ne différaient pas de façon significative entre les nouveaux-nés et les juvéniles. Une véritable surprise, au regard de leur apparence pourtant si distincte ! "L'étude de la locomotion du requin-chabot ocellé nous permet de comprendre la capacité de cette espèce - et peut-être d'autres espèces apparentées - à se déplacer dans les conditions difficiles de leurs habitats ou à s'en échapper", affirme le Dr Marianne E. Porter, auteure principale de l'étude et professeure au département de biologie de l'Université Atlantique de Floride (FAU), citée dans un communiqué.

Un requin du Groenland a été observé dans les eaux des Caraïbes

Au cours des dernières décennies, des scientifiques ont découvert que les requins du Groenland peuvent vivre jusqu’à 400 ans, et qu’ils sont souvent aveugles en raison d’un parasite qui s’attache à leur cornée. Bien qu’ils se nourrissent principalement de poissons et de calmars, ils sont également connus pour récupérer les carcasses de mammifères tels que les chevaux, les rennes et même les ours polaires. Une découverte particulièrement surprenante a eu lieu au printemps 2022, lorsque des scientifiques ont repéré un requin du Groenland dans les Caraïbes occidentales, à des milliers de kilomètres de son aire de répartition connue. Bien que les chercheurs aient appris à s’attendre à l’inattendu lorsqu’il s’agit de ces requins, cette observation a tout de même été un choc.


« C’était à la fois surprenant et passionnant », confie Devanshi Kasana, doctorante à l’Université internationale de Floride qui, avec une équipe de pêcheurs béliziens, a capturé le requin par accident lors d’une expédition de marquage de requins-tigres. Leur découverte a été annoncée en juillet dans la revue Marine Biology. Kasana n’a pas été en mesure de recueillir un échantillon d’ADN pour confirmer l’identité du requin, mais les photographies de l’animal ont conduit les experts à penser qu’il s’agissait très probablement d’un requin du Groenland. Cette étrange observation soulève des questions sur la véritable répartition de cette espèce que l’on croyait autrefois limitée aux eaux glacées de l’Atlantique Nord.